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L'ALGERIE
(17/11/2002) LES TRANCHEES 1940
(23/11/2003) 1914 (16/05/2004) l'INDOCHINE
(7/11/2004) L'OCCUPATION
(22/05/2005) LA LIBERATION
(6/11/ 05) L'INTENDANCE
(14/05/2006)
LE FANTASSIN (8/10/2006) RUEIL - 1918 (11/11/06)
Sces de SANTE (13/05/2007)
LA PREVOTE (25/11/2007)
LES CONSCRITS (23/03/08)
RUEIL - Indochine
PARIS - Libération
RUEIL - 14 - 18
1918 : La VICTOIRE (30/11/08)
LES TRANS (22/03/09)
LES PARAS (29/11/09)
Les CASQUES WW2 (23/5/10)
La LEGION (28/11/2010)
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L'ALGERIE Les opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Algérie 1954-1962
INTRODUCTIONL’objectif de ce fascicule n’est pas de retracer la totalité du conflit algérien. Il n’y suffirait bien entendu pas et nous n’aurions pas la prétention de nous substituer à l’abondante littérature qui existe sur le sujet. Nous souhaitons simplement vous donner un aperçu des différentes constituantes de ce conflit au travers des évènements qui s’y sont déroulés, du contexte dans lesquels ils s’y sont produits et des différents acteurs qui les ont vécus. Nous espérons que cela vous éclairera sur cette période et nous vous en souhaitons une bonne lecture. HistoireLa présence française en Algérie date du 4 juillet 1830, lorsque les troupes de Charles X, sous le commandement de Bourmont s’emparèrent d’Alger. Cette conquête s’achèvera sous l’impulsion du général Bugeaud (dont l’histoire se souviendra grâce à sa fameuse casquette) et l’intégration du Sahara. GéographieL’Algérie est un vaste territoire de 2 381 741 Km2. (+ de 4 fois la France). Sa géographie se décompose en deux grands ensembles : - Les chaînes de l’Atlas et les côtes, au Nord, avec de nombreuses régions fertiles et des montagnes dépassant rarement les 2000m. - Le Sahara, au sud, ou se succède des étendues de dalles rocheuses, de galets ou de sable. C’est également une région sédimentaire riche en pétrole et en gaz. Les hydrocarbures sont la principale richesse de l’Algérie. On estime à 1.260 millions de tonnes les réserves de pétrole (14eme rang mondial) et à 3.650 milliards de M3 (8eme rang) les réserves de gaz. ClimatComme sa géographie, l’Algérie se caractérise par : - Au Nord, un climat méditerranéen avec des étés chauds et secs puis des hivers doux et humides. Les températures moyennes a Alger varient entre 25°C en août et 12°C en janvier. En été souffle du Sahara un vent très chaud et sec, le sirocco. - Au sud, le Sahara, avec un climat aride accentué par des vents de sable parfois très violents. Les écarts de températures y sont très importants (de 49°C le jour à -10°C la nuit).
CONTEXTEEconomiqueDurant l’entre deux guerres, l’économie algérienne s’est considérablement développée. Elle possède une agriculture moderne qui exporte ses produits ainsi qu’une industrie naissante. Toutes deux sont détenues par les Européens. Les musulmans pratiquent plutôt une agriculture traditionnelle et peu rémunératrice. SocialDeux communautés coexistent : les « européens » et les musulmans. - Les Européens, au nombre de 1 million, proviennent des différentes vagues d’immigrations qui se sont succédées depuis 1830 et qui se sont surtout amplifiées à partir de 1871. En 1945, 80% des européens, sont nés en Algérie. Ce sont les « pieds noirs ». Ils sont en grande majorité citadins, ouvriers ou membres de la classe moyenne. - La population algérienne, au nombre de 8,4 millions, est principalement musulmane d’origine arabe et surtout berbère. Cette population est en moyenne très jeune (55% ont moins de 19 ans) et travaille dans le domaine agricole. Si 2 millions d’entre eux possèdent un niveau de vie proche des Européens, les autres, en particulier dans les campagnes, sont confrontés à des conditions de vie beaucoup plus précaires. PolitiqueL’Algérie est la 10ème région française. Elle est formée de 3 départements (Alger, Oran, Constantine) rattachée au ministère de l’intérieur et dirigée par un gouvernement général. Elle possède une assemblée algérienne de 120 membres. Elle est constituée conformément aux statuts votés en 47. La moitié de ses membres représentant le million de citoyen français, l’autre moitié représentant les 8,4 millions de musulmans algériens. L’Algérie a également pris une importance accrue lors de la seconde guerre mondiale lorsque Alger deviendra capitale de la France libre suite au débarquement américain de 1942. De nombreux algériens, comme ils le firent en 14, participèrent aux combats de libération de la France. Dans ce contexte de nombreux algériens aspirèrent, à l’instar de Ferrat Abbas dans son « manifeste du peuple algérien » en 1943, à l’égalité politique entre les communautés européennes et arabes, dans une république algérienne fédérée à la France. Les promesses de la conférence de Brazzaville en 1944 suscitèrent, à ce titre, de nombreux espoirs du coté algérien. Toutefois, l’autonomie n’étant pas accordée, une première insurrection sanglante éclata en Kabylie en 1945. InternationaleMouvements de libération en Tunisie et Maroc : · Ligue arabe · Chute Indochine · Soutien extérieur Situation militaireEn 1952 la France, membre de l’OTAN, compte 885.000 hommes sous les drapeaux, dont 196.000 servant en Indochine et seulement 47.000 outre mer. C’est dans cet état de faiblesse que la France devra faire face aux troubles qui éclateront successivement en Tunisie et au Maroc. D’abord en 1952, ou de violentes émeutes éclateront en Tunisie, puis en 1953 au Maroc suite à la déposition du sultan sidi Mohamed Ben Youssef. La répression de ces mouvements insurrectionnels montrera déjà les limites des unités traditionnelles au profit des unités légères et mobiles en particulier dans le bled ou sévissent les « fellaghas » (coupeurs de routes » De 1945 à 1954, 122.000 combattants Nord africains ont été envoyés en Indochine. Le Viet-Minh libérera en 1951 et 1953 deux contingents de prisonniers maghrébins soumis au « lavage de cerveaux » et à la rééducation politique. A cette époque les autorités les jugeront à 70% récupérable, à condition toutefois que ceux-ci ne soient pas engagés en Afrique du Nord Une partie de ceux-ci seront néanmoins envoyés en Tunisie pour mater la rébellion de 1952 et pallier les manques d’effectifs de la région. De même, pour éviter tout débordement de l’activité rebelle tunisienne sur l’Algérie, des éléments de la 14eme DI, initialement destiné à l’Indochine, ainsi que les parachutistes du 1er RCP, seront déployés sur la frontière Algéro-Tunisienne.(Mannequins 1). Mais cela s’avérera insuffisant face aux troubles des protectorats et l’émeute généralisée de la toussaint 1954.
mannequin 1 – Parachutiste du 1er RCP - 1953 Veste et pantalon TAP modèle 47 Bottes de saut Mle 50 Musette TAP Mle 51 Ceinturon, Brelage Mle 50 Béret bleu roi tels qu’il était porté en opération par les paras du 1er RCP lors de leurs missions de surveillance de la frontière tunisienne
LES EVENEMENTS D’ALGERIE
L’insurrectionLe 1er novembre 1954, 70 attaques simultanées sont lancées sur l’ensemble du territoire algérien. (CARTE ATTENTATS) Les pertes occasionnées seront surtout matérielles et on déplorera 8 morts et 4 blessés. Elles supposent par contre une action concertée et donc une organisation. L’on croit ces attentats imaginés au Caire par les experts de la ligue arabes (1) auxquels se sont joints les chefs de la rébellion en exil (2). (Cette implantation de la délégation extérieure du FLN au Caire sera d’ailleurs l’un des motifs de l’action française sur Suez en octobre 1956). Ces attentats seront en majorité perpétrés par des jeunes provenant de L’OS (Organisation spéciale) de Ben Bella. Leur but est de lancer l’action mais surtout d’unir les fractions encore divisées du nationalisme algérien (voir annexes). Les rebellesD’abord rassemblé au sein du CRUA (Comite révolutionnaire pour l’unité et l’action), ils créeront le 24 octobre le front de libération national (FLN) disposant d’une armée de libération nationale (ALN) (Mannequin 2) mannequin 2 – Fellagha Veste américaine d’un RTA Chemise française de la seconde guerre Pantalons français Mle 47 Pataugas Chèche Cartouchière de chasse L’équipement des HLL était très hétéroclite. Ils récupèrent par la suite de nombreuse tenues françaises ce qui conduisit les soldats français a utiliser des foulards de couleurs pour se distinguer d’eux.
repartie en 6 wilayas (préfectures) et couvrant l’ensemble du territoire algérien (Aures-Némentchas, le Nord Constantinois, la Kabylie, L’Algérois et l’Orleanvillois, l’Oranie et les territoires du sud). (CARTE KATIBA) Toutefois, leurs actions intervenant dans le cadre de département français ils ne seront pas considérés comme soldat mais comme rebelle. De la même manière l’armée ne pourra agir que sur requête du pouvoir civil (Mannequin 3), ce qui a justifie l’appellation « d ‘opération de sécurité et de maintient de l’ordre »« et non pas de guerre en Algérie.
mannequin 3 – gendarme
LES OPERATIONS DE SECURITE ET DE MAINTIEN DE L’ORDRELes activités rebelles ne cessent de se multiplier. Des 1955 la rébellion se généralise à l’Est Algérois et à l’ensemble du Constantinois Les 20 et 21 août 1955 le FLN organise autour de Constantine un soulèvement de musulmans qui fait une centaine de morts du coté européen. La répression qui s’en suivra fera un millier de victimes chez les Musulmans. Les deux communautés sont désormais séparées par un fossé de sang.
A la requête des populations européennes d’Algérie le président Edgar Faure décide de rappeler les disponibles (Mannequin 4). Les contingents passent de 100 000 en 1955 à 186 000 en 1956. En 1958, ils seront 400 000. Ces rappels seront l’occasion de nombreuses manifestations en France.
mannequin 4 – rappelé du contingent
Veste et pantalon modèle 47 Chemise mle 48 Brodequin mle 45 Brelage français en cuir Mle 35 Casque Mle 51 TTA et chapeau de brousse Sac bergam (1ere companie)
Deux concepts :Dès le début des opérations deux concepts s’opposent entre : - les troupes spécialisées dans la contre guérilla et déjà aguerries par les combats d’Indochine ( commandos de marine, légion et parachutiste) (Mannequin 5).
mannequin 5 – Parachutiste du 2eme REP Veste et pantalon TAP modèle 47/52 Bottes de saut Mle 50 (non visible) Brelage TAP Mle 53 avec portes chargeurs Mle 50 Casque US modifier français Le port du casque en opération est caractéristique du 2eme REP.
- Les troupes de quadrillages (Mannequin 6) auxquelles échoiront les missions de surveillance des points névralgiques (postes dans le bled, entreprises, centre ferroviaire, portuaire, aérodrome, mines) et qui assureront également la rentrée des récoltes.
mannequin 6 – Le Poste Veste allégé Mle 47/52 et pantalon Mle 47/54 Ceinturon cuir et porte chargeur de Mat 49 en bandoulière Chapeau de brousse Pataugas
Ce point sera important puisque les premiers objectifs du FLN seront d’abord de perturber l’activité économique du pays. Les premières missions du contingent seront donc de s’opposer aux déprédations perpétrées par le FLN tant sur les biens que sur les personnes. Cela implique la surveillance de : · plus de 5000 points névralgiques · plus de 1 million de civils européens · les douars ou sévices les HLL. La mise en place d’un tel dispositif de surveillance et de protection nécessitera des moyens humains et matériel considérables. L’objectif du FLN est également de créer une scission entre la France et la population algérienne. Il instaure pour ce faire un climat d’insécurité permanent autant pour les soldats français que pour les populations algériennes qu’ils sont chargés de surveiller. Les chiens des mechtas sont tuer pour permettre aux HLL de se déplacer plus facilement, pour prélever l’impôt révolutionnaire, recruter, prélever des vivres ou châtier les traîtres, sans donner l’alerte aux postes de surveillances français.
QuadrillageMatériellement, les Postes de surveillance (ou d’observation) sont des petits fortins dispersés au milieu du bled, rapidement construits avec des moyens de fortune pour éviter d’être surpris par les HLL. L’objectif de ces troupes est d’être au plus proche du terrain, en contact avec la population dont ils assurent la protection et qui leur fournit des informations sur les mouvements des HLL (Hors la Loi). Mais la surveillance d’un territoire aussi vaste, la protection d’une population aussi dispersée, la recherche des caches d’armes, la protection contre les attaques du FLN nécessitent des moyens toujours plus importants. Cela justifie l’envoie d’un nombre toujours croissant d’appelés du contingent. Au total 1,3 millions d’appelés feront leur service en Algérie. Ce sera également, comme cela avait été fait en Indochine l’implication des populations locales avec la création : · des 1ere harkas, intégrées au sein des unités · des groupes d’autodéfense (GAD) pour la surveillance des villages · des groupes mobiles de protection rurale (GMPR) pour surveiller les mairies, gares et marchés. Mais le quadrillage ne suffit pas pour empêcher les mouvements des rebelles et les poursuivre dans leurs repères (principalement dans les Aurès ou le Constantinois).
Grandes opérationsPour traquer les rebelles, les états majors lancent alors de grandes opérations de ratissage ou de « peigne fin ». Toutefois celles-ci réalisées avec des moyens lourds comme les opérations de Kabylie en 45 ou de Tunisie en 52 se révéleront totalement inefficaces pour traquer les HLL (hors la loi). Ceux ci adoptent les méthodes de guérilla, échappent aux reconnaissances aériennes, marchent de nuit, évitent le contact mais tendent des embuscades souvent meurtrières et violentes comme celle de Palestro en mai 1956 ou périrent dans des conditions horribles 19 rappelés du 9ème RIC. Les bouclages et pièges demeurant inefficaces les états majors se tournent alors vers les unités parachutistes. Plus légères et mobiles, mieux entraînées et aguerries aux méthodes de guérilla, elles deviendront le fer de lance des actions contre les HLL. Innovation liée à la nature du terrain, les paras de Bigeard (alias Bruno) utilisent pour la première fois l’hélicoptère pour intervenir sur les lieux d’opération. Ce mode de transport de troupe change radicalement les méthodes de combat. Les unités arrivent directement sur le lieu d’opération ou elles sont coordonnées par liaison radio. Rapides, fraîches, elles sont tout de suite opérationnelles dans la traque aux rebelles. L’utilisation des hélicoptères sera également perfectionnée par le colonel Félix Brunet avec la création des hélicoptères de combat, armés de mitrailleuses lourdes, de canons à tir rapide ou même de roquettes. La première utilisation tactique de ces appareils aura lieu en juin 1955 sur la montagne de Chelia. Autre création, à l’instar de ce qui avait été fait en Indochine, est la création de commandos constitués de « rebelles retournés ». Rompus aux méthodes du FLN, ces soldats obtinrent très rapidement de bons résultats. Le commando Georges fait parti des plus connus de ceux-ci. La marine et l’aviation participèrent également activement à ces opérations : · Par la surveillance des cotes ou la contrebande de devises et de matériels est très active. · Dans les airs pour porter secours aux unités au sol ou pour surveiller les frontières par lesquelles les rebelles se replient en lieu sur et par lesquelles ils s’approvisionnent en armes et munitions.
Protection des frontièresCes mesures s’avéreront toutefois insuffisantes. Ce qui nécessitera la mise en place de véritables lignes fortifiées le long des frontières. Ce dispositif, en grande partie achevé à la fin 1957, est constitué de lignes électrifiées, de champs de mines, et surveillé en permanence par plus de 80 000 hommes. Ceux-ci, capables de réagir à toute tentative de passage, sont également capables de traquer les rebelles jusque dans leurs caches. (voir carte des Katibas) L’importance de ces « barrages » est vitale vis à vis d’un ennemi qui bénéficie d’un large soutient extérieur. Ils sont en effet largement soutenus dans leur cause par l’ensemble des pays arabes et des pays du Tiers monde, ainsi qu’indirectement, par un certain nombre de pays occidentaux. Ils possèdent un gouvernement provisoire basé au Caire dont l’objectif est de faire inscrire la question algérienne auprès de l’ONU. Tous les moyens sont alors bons pour attirer l’attention du monde sur la cause algérienne. Si cela ne peu l’être par des victoires militaires, cela le sera par un nombre croissant d’attentats, en particulier en milieux urbain.
La bataille des villes.Les différentes vagues d’attentats perpétrées contre la population civile d’Alger feront rentrer la guerre dans une nouvelle phase. Le gouvernement de Guy Mollet donne le plein pouvoir au général Massu pour détruire, « par tous les moyens », l’activité terroriste. Cette destruction sera rapidement acquise par des méthodes parfois brutales de collecte d’information (quadrillage des villes, interpellation, fouilles, interrogatoire…), mais aussi par certaines opérations d’infiltration du FLN. Cette dernière, « la bleuite », ayant même créée de véritables ravages au sein des Wilayas de la part même de leurs chefs. L’action de l’armée dans ces opérations de police pour lesquelles elle n’était pas faite suscitera de nombreuses réactions de la presse et de l’opinion, en particulier sur la question de la torture. En parallèle, pour couper les rebelles de leurs voies d’approvisionnement, de grandes zones sont complètement évacuées. La création de ce « no mens land » a pour objectif de permettre à l’armée de rapidement intervenir des que l’ennemie est repérée. Plusieurs centaines de milliers de civils de ces zones sont alors regroupés dans des centres d’accueil.
PacificationMais toute action de répression doit aussi s’accompagner d’une pacification, que cela soit en ville comme dans le bled. Cela implique le retour à la sécurité et des aides aux régions rebelles. Celles ci doivent trouver plus d’intérêt à être du coté français que du coté FLN. Cette tentative de séduction de la population locale passera par la construction de ponts, de routes, d’arrivées d’eau, par la scolarisation, l’aide médicale et administrative. Ces missions de développement et d’assimilation seront en grande partie réalisées par les SAS (sections administrative spécialisées). (Mannequin 7)
mannequin 7 – SAS Chemise Mle 48 et Short Mle 52 Pataugas Calot Au contact permanent des populations dont ils avaient la charge leurs tenues étaient des plus diverses et pouvaient allés de la tenue de sortie a la tenue de combat
La protection de la population civile passe aussi par la création d’un 5eme bureau chargé de « l’action psychologique ». Ce service revêt un rôle primordial dans un conflit où l’enjeu est moins la victoire militaire que de gagner la population. L’intégration de la population algérienne à la vie politique française se fait alors sentir et il convient de montrer à l’opinion internationale que la population algérienne, lasse des exactions du FLN, souhaite s’engager dans la voie démocratique et réformiste proposée par la France. Malheureusement le raid de Sakiet Le 8 février 1958 en Tunisie aboutira à la condamnation de la France par l’ONU. Cela créera un véritable malaise au sein des militaires et de la population qui demanderont au pouvoir politique de prendre des mesures fermes contre les terroristes reconnus coupables. Un certain nombre de rebelles condamnés seront alors exécutés à Alger. En représailles le FLN fera fusiller des prisonniers français à Tunis. L’émotion provoquée à cette nouvelle et les émeutes algéroises du 13 mai 1958 précipiteront la chute du gouvernement de Pierre Pflimlin et la chute de la IVème république.
De GaulleDe Gaulle est alors rappelé au pouvoir. Très rapidement un constat s’impose sur l’Algérie entre : · la détermination politique du FLN · le désaveu de l’opinion internationale · et la lassitude des français face à ce conflit coûteux et meurtrier. En effet la guerre est un véritable gouffre financier qui relance l’inflation et creuse les déficits. Humainement de très nombreuses familles de soldats sont sensibilisées aux risques qu’encourent leurs enfants. Dès 1958, De Gaulle proposera au tout nouveau GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) une reddition honorable, « la paix de brave ». Cette proposition restant sans suites, son objectif sera alors : · de gagner militairement sur le terrain · d’emmener l’Algérie vers l’autodétermination.
MilitairementSur le terrain, l’on assiste à la création des commandos de chasse (Mannequin 8).
mannequin 8 – commando de chasse Veste TAP Mle 54 et pantalon TTA Mle 47 /52 Bottes de saut Mle 53 Brelage TAP mle 53 avec porte grenades, portes chargeurs Mat 49, gourde Sac a pain Casquette Bigeard Foulard de couleur bleu pour ne pas être confondu avec des “fell” par l’aviation. L’utilisation des couleurs répondait à des codes très précis
Essentiellement constituer de volontaires, suréquipé, ils suivent également un entraînement spécial pour leur permettre de coller aux Katibas et les traquer jusque dans leurs repères. 74 commandos seront crées. Ils comprennent entre 25 à 40% de musulmans ce qui permet d’interroger les prisonniers et les populations des douars. Dès que les « djounoud » du FLN sont repérés, ils sont immédiatement signalés aux « resserves générales » (infanterie de marine, légion et parachutistes) qui sont le plus souvent héliporté sur les lieux de l’action. C’est l’époque (1959) des grandes opérations : étincelles, jumelle, émeraude, cigale, turquoise… qui permettront de réduire considérablement l’importance des wilayas et de pérenniser la pacification du Nord algérien. Une attention particulière est également porté sur le sud ou se trouve les hydrocarbures (Colomb-Bechar, Hassi Messaoud, Edjelé, Hassi R’Mel ) et également le nouveau site d’essai nucléaire de Reggane. La surveillance d’un aussi vaste territoire nécessite également la mise en place de nouvelles méthodes de combat principalement axées sur une très bonne coordination interarmées (aviation, transport, unités de surveillance)
CivilementParallèlement à ces actions militaires s’intensifient les opérations de pacification. C’est l’époque du plan Constantine (octobre 1958). Des fonds considérables sont investis dans la construction de logements, dans des travaux d’irrigation, sur les voies de communication…. C’est aussi un programme visant à inciter les entreprises tant françaises qu’étrangères à venir s’implanter en Algérie. L’objectif est de convaincre les Algériens qu’ils ont plus d’intérêt à rester « associé » à la France et les inciter à aller aux Urnes. L’organisation d’élection sera un processus difficile dans un contexte de menace permanente de la part du FLN. Cela nécessitera un déploiement de forces important pour les surveiller.
PolitiquementDe Gaulle emmène progressivement l’opinion publique sur l’idée d’indépendance de l’Algérie. Il doit en effet être prudent face à l’hostilité d’une partie de la population européenne d’Algérie et d’une partie de l’armée. Plusieurs étapes jalonnent ce parcours : Tout d’abord le fameux « je vous ai compris » en juin 1958, puis le « Algériens, Algériennes » lors de son déplacement à Constantine. Déjà se profile l’idée de citoyenneté algérienne. En septembre 1959, il reconnaît aux algériens le droit à l’autodétermination. Il évoquera ensuite successivement « l’Algérie algérienne » puis un « état algérien souverain ». Pourtant, lors de sa tournée des popotes le 28 octobre 59, le général déclarera « moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur l’Algérie » L’ambiguïté de ces discours crée un sentiment de malaise auprès des populations européennes et de l’armée. Cela se concrétisera tout d’abord par la « semaine des barricades » à Alger du 24 janvier au 1 février 1960. La population est de plus en plus divisée sur la question algérienne. Plusieurs manifestations auront alors lieu tant en France qu’en Algérie, dont une pour l’indépendance. Certains intellectuels, artistes… s’engageront également, soit contre l’Algérie française (manifeste des 121) ou pour l’Algérie française (manifeste des intellectuels français) C’est également en 1960 que l’ONU reconnaît le droit à l’indépendance du peuple algérien. L’année 1961 marque un tournant important dans le conflit. D’abord avec le referendum sur l’autodétermination qui se termine avec la victoire du « OUI ». C’est également le premier attentat de L’OAS (Organisation Armée Secrète). Puis ce sera le discours du 11 avril dans lequel De Gaulle envisage un « état algérien associé » et surtout l’arrêt des grandes opérations. L’armée se sent alors trahie. Trahie envers les populations dont elle assure la sécurité et trahie dans sa mission puisqu’elle va laisser l’ALN réoccuper le terrain qu’elle a pourtant gagné.
Le putschC’est dans ce contexte que se déclenchera le putsch des généraux (du 21 au 25 avril). Il est emmené par 4 des plus prestigieux généraux de l’armée française (Challes, Salan, Jouhaud et Zeller). Challes et Salan ayant même été commandant en chef de l’Algérie. Leur objectif est de tenir le « serment de l’armée » et de préserver l’Algérie française. Leur prise du pouvoir s’appuie sur un petit nombre d’unités putschistes, principalement des unités engagées et parachutistes (Mannequin 9).
mannequin 9 – parachutiste du 1er REP Veste et pantalon TAP modèle 47/56 Rangers mle 52 Brellage TAP mle 53 avec Portes chargeurs Mle 53 Etuit revolver Mle 50 avec porte chargeur Mle 50 /53 Casquette Bigeard Les parachutistes, bien qu’ils ne furent pas les seuls, furent les éléments les plus représentatifs du putsch d’Alger
Ils considèrent que la population (tant européenne que musulmane) ainsi que le contingent (Mannequin 10) se rallieront d’eux même au nouveau pouvoir d’Alger. Or, contre toute attente, le contingent refuse de suivre les officiers rebelles. Refus de rentrer en sécession avec la métropole et surtout « ras le bol » d’une guerre qui n’en finie pas. Cette attitude sera également confortée par l’appel que lancera le Général De Gaulle sur les ondes, de s’opposer par « tous les moyens » au « quarteron de généraux en retraite ». Les transistors ainsi que la fermeté du chef de l’état joueront un rôle prépondérant dans l’échec du putsch. mannequin 10 – soldat du contingent Veste TTA 47/52 et pantalon modèle 47/54 retaillé Chemise Mle 48 Brodequin Mle 41 avec Guêtres Brellage cuir avec portes chargeurs mat 49 Calot de tradition d’infanterie de marine
Apres l’échec du putsch, les « ultras » se regrouperont au sein de l’OAS. Cette organisation tentera d’empêcher, par différentes vagues d’attentats tant en France qu’en Algérie, tout accord avec le FLN.
IndépendanceDes discussions sont pourtant en cours, qui conduiront aux accords d’Evian le 18 mars 1962. Un cessez le feu est décrété le 19 mars a 12 heures. Toutefois l’indépendance ne sera effective qu’a l’issue du referendum qui sera organisé le 1 juillet 1962 avec 99,7% de OUI. Le 3, De Gaulle proclame l’indépendance algérienne. Cette période « intermédiaire » entre les accords d’Evian et l’indépendance sera aussi l’une des plus meurtrière du conflit. Elle verra s’affronter deux minorités prêtes à tout pour empêcher toute cohabitation entre les communautés musulmanes et européennes. Cela aboutira, au final, au départ de près de 700 000 pieds noirs vers la métropole. La page algérienne est tournée.
CONCLUSIONLa guerre d’Algérie est maintenant terminée depuis 40 ans. De 1954 a 1962, 1 300 000 jeunes appelés traverseront la méditerranée pour préserver ce territoire français. Au bout de 7 années de conflit 700 000 pieds noirs abandonneront les terres que leurs ancêtres avaient défrichées et mises en valeur pour retourner en métropole. Il y a bien sur de nombreuses analyses et discussions sur les enchaînements qui ont amené ce drame. Mais cela n’est pas notre propos. Le conflit algérien se distingue de tout autre conflit de décolonisation par le caractère affectif qui s’y attache. 50 000 français vivaient en Indochine avant la décolonisation. Ils étaient 1 million à vivre et le plus souvent à être née en Algérie. De nombreuses années furent également nécessaires pour que les pudiques « opérations de maintien de l’ordre » ne soient officiellement reconnues comme une guerre. Une guerre d’un genre nouveau où une armée de conscription a appris la mobilité, la survie et les interventions rapides. Une guerre où l’armée se substituera au pouvoir politique, policier et civil en remplissant auprès des populations civiles des missions de protection, d’éducation et de soins médicaux. Une façon de préfigurer le rôle qu’elle joue actuellement à l’international.
Nous espérons que cette rétrospective historique vous aura intéressé. Vous pourrez trouver de plus amples informations sur notre site ou également dans nos prochains bulletins d’information. Pour les collectionneurs avertis, 2 erreurs se sont introduites parmi les mannequins. A vous de les découvrir. En complément de l'exposition : Coiffures :
Casques (de gauche a droite) Casque TAP Mle 58 Casque TTA Mle 51 Casque TAP Mle 51 Ils furent surnommé « chapeau en peau de locomotive » par les appelés
et vitrines :
Vitrine 1 Calots, berets, bachit, chapeau de brousse, paquets de cigarettes.
Vitrine 2 Journaux d'époque qui ont été censuré et le journal du soldat : Bled
Vitrine 3 Objet du soldat, galons, quilles, cartes, médailles, courrier, décompte de jours et carnet récupéré sur un HLL
CHRONOLOGIE
8-23 mai 1945 : insurrection dans le nord Constantinois 20 septembre 1947 : nouveau statuts de l’Algérie 19547 mai : chute de Dien Bien Phu 12 août : 1er renforts en Algérie (14eme DI) 15-16 octobre : mise en état d’alerte de la 25ème DIAP 1 novembre : début de l’insurrection a minuit Augmentation des renforts (10 bataillons) Novembre décembre: grandes opérations en Kabylie et dans les Aurès retour des contingents d’Indochine 195531 mars : loi d’urgence pour l’Algérie (Kabylie – Aurès – Tébessa) 26 avril : commandement militaire dans le Constantinois début du quadrillage (poste) dans les Aurès 21 mai : rappel de disponibles français d’Algérie 17 juin : + de 100 000 militaires en Algérie 20-21 août : massacre de Philippeville et soulèvement du nord Constantinois 24-28 août : maintiens de la classe 54/1 et rappel de la 53/2 11 septembre : première manifestation de rappelés novembre : généralisation des SAS 195622 février : 1ere opération héliportée de combat 16 mars : vote des pouvoirs spéciaux 1 octobre : l’armée dépasse 381 000 hommes 18 mai : massacre d’une section du 9eme RIC 1 juin : création de la 25ème DP 19576 janvier : première bataille d’Alger 27 mai : massacre de Melouza (320 membres du MNA) 1957 : grandes opérations 195817 février : proposition des « bons offices » anglo-américains 13 mai : manifestation sur le forum à Alger 4 juin : « je vous ai compris » de de Gaulle 25 août : premier attentat FLN en France 19 septembre : proclamation du GRPA 28 septembre : referendum constitutionnel 3 octobre : De Gaulle à Constantine « algériens, algériennes » Plan Constantine d’investissement en Algérie. 23 octobre : offre de la « paix des braves» Décembre : reconnaissance du GRPA par la Chine 19596 février : plan Challe 1959 : grandes opérations 16 septembre : discours sur l’autodétermination 196024 janvier – 1 février: semaine des barricades à Alger 13 février : premier tir nucléaire à Reggane 6 septembre : manifeste des 121 27 octobre : manifestation étudiante contre la guerre en Algérie 4 novembre : De Gaulle parle de la « république algérienne » 11 décembre : première manifestation à Alger pour l’indépendance Décembre : résolution 1514, reconnaissance par l’ONU du droit l’indépendance du peuple algérien 19618 janvier : referendum sur l’autodétermination. Le « oui » l’emporte 25 janvier : 1er attentat de l’OAS 11 avril : de Gaulle envisage un « état algérien associé » 21-25 avril : putsch des généraux 20 mai : début des pourparlers d’Evian, trêve unilatérale d’un mois 19 juillet : affaire de Bizerte 9-13 novembre : violente manifestation et contre manifestation en Algérie 19628 février : drame du métro Charonne 13 février : manifestation massive pour les obsèques des victimes du métro Charonne 18 mars : signature des accords d’Evian 19 mars 12 heures : cessez le feu 8 avril : referendum sur les accords d’Evian en métropole 90.7% de oui Avril-septembre : exode des français d’Algérie 1 juillet : referendum sur l’indépendance en Algérie 99.7% de oui 3 juillet : De Gaulle proclame l’indépendance algérienne.
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